Victor Pochon (1890-après 1956) est né à Moudon, dans le canton de Vaud (Suisse). Fils illégitime, il est le dernier d’une famille de six enfants. Bon élève à l’école, il travaille dans une librairie puis commence un apprentissage de boulanger qu’il ne terminera pas. À dix-huit ans, il part en France pendant quatre ans avec un camarade. De retour en Suisse, en 1912, il effectue son service militaire, puis il est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale avant d’être affranchi pour raisons de santé. Il est ensuite employé dans plusieurs fermes, comme domestique ou manœuvre notamment. Entré à l’asile d’aliénés de Cery* à une date inconnue, Victor Pochon y rédige de longues lettres à l’écriture appliquée, à la mine de plomb sur des papiers de récupération.
Cette abondante correspondance, adressée à ses médecins, aux conseillers d’État, au consul de France ou au chef du département de la Justice, fait état de ses demandes de transfert vers la France, de son souhait d’apprendre une nouvelle profession, ou encore d’une requête de jugement pour un crime qu’il n’a pas commis. Il réalise également des dessins sur les travaux de la ferme ainsi que des portraits en buste, entourés d’un décor floral, illustrant différents métiers, tels que « le commerçant » ou « le buraliste ».