Jean Marchand (1840-1911) est né à Carouge, dans le canton de Genève (Suisse). Fils cadet de sa famille, il exerce les métiers de fabricant de ressorts et de tonnelier. À vingt-trois ans, il se marie et devient père. L’année suivante, il est incarcéré pour « scandale ». À sa sortie de prison en 1868, il est transféré à l’hospice des Vernets*. Il vit dès lors replié sur lui-même, sans contact avec son entourage et en déconnexion du monde, ne se souciant que de ses créations.
La production de Jean Marchand est surtout composée d’écrits à la mine de plomb, maniérés et indéchiffrables, dans lesquels il insère des lettres parasites dans une calligraphie décorative. Ses textes sont souvent rédigés sur de minuscules bouts de papier déchirés qu’il rassemble en liasses dans des enveloppes confectionnées par ses soins. Il dessine également des personnages, des maisons, des visages de profil et des sortes d’écussons. L’auteur fabrique aussi de petits objets faits de papiers pliés, de feuilles, de morceaux de coton, cousus et reliés avec du fil, au sein desquels il cache de la mie de pain préalablement mâchée. La première mention de ces ficelages remonte à 1905.